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Comment gérer le burn-out maternel ?

Être débordée est une chose, être fatiguée et épuisée en est une autre. En effet, l’irritabilité peut être un des symptômes clés. De ce fait, le burn-out s’installe de manière lente et insidieuse. Le syndrome d’épuisement maternel seul peut révéler un sentiment d’abandon face à un environnement en mouvement constant.

Les 6 principaux signaux du burn-out maternel :

 


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. Épuisement émotionnel

2. La distance qui s’installe

3. Le repli sur soi : le reniement, l’amertume, l’agressivité envers les enfants.

4. L’absence de reconnaissance

5. La surcharge de travail

6. Le manque de concentration

Faire face à l’épuisement maternel

Ce genre de passage à vide, beaucoup de mères l’ont vécu, et lorsqu’il dure, le petit surmenage peut vite se transformer en burn-out maternel. Lorsqu’aucune issue se profile, mieux vaut le laisser sur le seuil de notre porte.
S’ouvrir et en parler peut être difficile, sans l’aide d’une personne compétente, confirmée et extérieure à la situation.

Du rêve à la réalité

L’arrivée d’un enfant est perçue comme une source de désirs et bonheur. Pourtant, beaucoup d’aspects négatifs sont rapidement ressentis: responsabilités, nuits courtes, double journées, journées épuisantes et difficiles. Un besoin d’organisation permanent est nécessaire pour mener à bien les tâches du quotidien pour avoir enfin le sentiment de penser un peu à soi.
Car oui, prendre du temps pour soi est essentiel pour souffler.wallpaper-16229
Poussée par la société et les normes personnelles, la pression d’être une mère parfaite et exemplaire créée un sentiment d’anxiété. L’éducation est souvent remise en cause. Pourtant, le fond du problème ne vient pas de l’éducation en elle-même, mais bien de la communication au sein même de la famille.
L’enjeu est fort:
 la perfection, dans la sphère professionnelle et personnelle, avec l’envie de réussir quoi qu’il arrive.

La place de la Famille

Cependant, la famille est censée être le “milieu” où l’on puise les ondes positives et où on se ressource, seulement, cela s’avère souvent être tout à fait le contraire.
Peut-on avouer qu’on veuille tout plaquer et s’enfuir loin ? Pourtant, accepter de craquer et ne pas être la mère idéale est le moyen de surmonter ce fardeau. Les mères n’osent pas avouer leur mal-être et se mettent à culpabiliser

Car au-delà d’une situation purement personnelle, cela peut avoir des conséquences sur la vie de couple. Un détachement des contraintes quotidiennes et un réaménagement du quotiden peut prévenir le burn-out.

Comment ? En revoyant la place du père dans le cocon familial et revoir le partage des tâches. En effet, renforcer les frontières de l’intimité, anticiper les dissolutions, apprendre à se parler et s’écouter davantage ne présentent que des aspects positifs.

L’épuisement maternel, pas réservé qu’aux femmes !

Cet épuisement touche également la gente masculine. Effectivement, nous voulons dire par “maternel”, la personne qui s’occupe exclusivement de l’enfant. Le burn-out est donc également paternel.

Interview témoignages

Voici donc nos deux mamans, qui discutent simplement de leur burn-out ou comment, un beau jour, elles se sont réveillées et se sont dit : « Stop, je ne peux plus, je dois réagir ».

Stéphanie, 38 ans, maman de Charlotte, 9 ans, et de jumeaux Cyril et Rémy, 7 ans.
Béatrice, 40 ans maman de Julien, 8 ans, et Mathieu, 6 ans et demi.

Le burn-out est en fait un terme qui à l’origine était réservé à l’épuisement professionnel.
A l’image des salariés, la maman recherche une perfection fantasmée et se consume de l’intérieur aussi bien psychologiquement que physiquement.

Vous avez vécu le burn-out, c’est quoi exactement, quelles sont les manifestations ?

S : C’est une fatigue intense qui s’étale dans le temps, ce n’est pas une petite fatigue ponctuelle ou sur quelques semaines. C’est un état d’épuisement total qui perdure sur des mois.

Quand l’enfant à quel âge ?

C’est variable mais généralement ça arrive après la première année. C’est ni le baby blues dans les moments qui suivent la naissance, ni la dépression post-partum, qui elle, a lieu dans les premiers mois après la naissance. C’est quand la maman a bien lancé son “programme mère”, et lorsque les enfants grandissent, il y a quelque chose qui se met à déraper.

C’est arrivé avec votre deuxième enfant ?

B : Effectivement, beaucoup plus tard, il avait trois ans. Je me suis épuisée à vouloir trop en faire, en ressentant de la fatigue physique et psychologique.

Et comment cela se manifeste-t-il au quotidien ?

B : Cela est très compliqué. Je n’avais plus envie de lire d’histoires, de mettre en place une activité, d’aller au parc, j’étais irritée par les enfants. J’étais beaucoup moins patiente et c’est un cercle vicieux.

S : Se lever le matin devient très difficile, et tout devient une contrainte. On se dit “oh non pas déjà”, et on perd l’envie de s’occuper de ses enfants, alors que souvent on les a voulu et qu’on est heureux de les avoir
et a un moment ça devient trop …

Quand on a des enfants il y a plein de choses qui sont incontournables de faire, comment fait-on pour faire à manger lorsqu’on fait un burn-out ?

S : On le fait sans entrain, sans envie, en se forçant tout le temps, avec les enfants qui réclament, avec de l’énervement. C’est très compliqué. Nous sommes obligées de gérer quelque chose au niveau familial, il n’y a pas que les enfants. La problématique est l’isolement, les mamans qui se sentent seules, peu reconnues et peu soutenues dans ce qu’elles vivent au quotidien.

Vous avez même envoyé votre fils chez ses grands-parents pour vous remettre.

B : Oui, il y a eu un moment où vraiment je n’en pouvais plus, et je me suis dis ça va mal finir, je ne le supportais plus, je ne prenais plus aucun plaisir à rester avec lui, mon grand était scolarisé
et normalement j’étais contente d’avoir arrêté de travailler pour m’occuper de mes enfants, et puis il y a eu ce moment où je ne pouvais plus rien donner, donc j’ai appelé mes parents, je leur ai demandé de me le prendre pendant une semaine, pour ne plus avoir qu’un enfant à la maison et pouvoir faire des choses d’adultes, “finir quelque chose”, terminer quelque chose.
Quand on a deux enfants en bas âge rapprochés, “terminer quelque chose” est une notion qui arrive de moins en moins souvent.

S : Et la frustration est permanente.

Et là comment on le vit à ce moment là ?  

S : On le vit très mal, on culpabilise, j’ai vraiment eu l’impression de luter pendant des mois, en me levant le matin en se disant aujourd’hui “je ne craque pas, je ne lâche pas, je ne crie pas”.

B : Moi, j’étais devenue une vraie mégère, qui criait tout le temps, plus je criais plus mes enfants criaient, et je passais la moitié de la nuit en me disant “mais qu’est-ce que je suis devenue, demain ça va aller mieux, je vais me rattraper” et le lendemain forcément, la fatigue s’accumulant, et les enfants ont un sixième sens pour sentir quand on est fatiguée ou appuyer pour faire mal, pas forcément volontairement, bien sur.
C’est un engrenage, je passais mes nuits à culpabiliser, mes journées à faire totalement le contraire de ce que je voulais être en étant une maman.

Et justement, comment en êtes-vous sorties de cette période ?

S : Alors c’est une prise de conscience, je ne parlais pas de burn-out parce que j’avais pas le mot.

Vous ne connaissiez pas ?

S : Je me sentais fatiguée, irritable, mais réellement, le mot je l’ai trouvé un jour sur Internet, j’avais fait rentrer mes garçons en très petite section, donc enfin, je récupérais un petit peu de temps seule à la maison et, en pianotant sur Internet, j’ai tapé des mots clés. J’ai tapé “jumeaux” car ayant des jumeaux je mettais beaucoup ça sur le compte de la gémellité, et ce qui est ressorti c’est “épuisement maternel”, et il y a des études qui ont été faites aux États-Unis.
Et je me suis sentie toute bête à pleurer dans mon salon, dans mon canapé, devant mon ordinateur, parce que quelqu’un nommait ce que j’avais et que c’était partagé par d’autres femmes et ça a été une révélation.

Et vous, comment vous êtes sortie de cette situation ?

B : J’ai commencé à ouvrir un blog pour mettre en mots, avec un peu d’humour, tout ce que je me faisais subir mes enfants. Le blog a été vraiment l’exutoire, et il y a des gens qui sont venus me lire et qui ont dit “ah moi aussi !”. Et donc du coup je me suis mise à lire d’autres blogs, avec d’autres mamans, où elles me disaient que mes fils ressemblaient aux leurs, “c’est pareil je m’en sors pas”, mon fils c’est tout le temps “pourquoi, pourquoi, pourquoi ?” dès 7h du matin. Donc on se sent moins seule.

Finalement ça arrive souvent à des mamans qui sont perfectionnistes et qui ont tellement envie de bien faire qu’elles s’épuisent ?

S : Il semblerait oui ….

B : Oui ce qui m’a “tué” c’est “le mieux est l’ennemi du bien”.

S : Quand on fait moins bien ça se passe mieux.

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